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PERDRE LA VOIX Au centre de la salle, j’aperçois une jeune femme qui lève la main. Je l’invite à poser sa question. Bien que ses lèvres bougent, je ne parviens pas à entendre ce qu’elle dit. Elle a perdu la voix. Elle souffre d’une extinction de voix. Elle s’adresse à moi de façon presque inaudible. Je porte alors une attention particulière à ce qu’elle dit pour bien l’entendre. Finalement, je comprends qu’elle souhaite connaître les causes émotionnelles de son malaise actuel.
J’élude sa question et lui propose de me décrire son malaise et les inconvénients occasionnés par celui-ci. Elle me regarde d’un drôle d’air me signifiant que cela semble pourtant évident. Les gens autour d’elle commencent à parler tous à la fois pour me signifier qu’elle ne pouvait pas parler et que c’était là le problème. « Je le sais bien! » Leur répondis-je en riant. « Je suggère tout de même qu’on lui permette de répondre à mes questions. »
La jeune femme s’exécute péniblement en disant qu’elle éprouvait cette difficulté à parler depuis environ 24 heures. Elle ajoute qu’à cause de sa faible voix, elle doit utiliser moins de mots et parler très lentement pour qu’enfin on la comprenne. Aussi, à cause de ce malaise, elle porte une attention particulière aux mots qu’elle emploie. En souriant, elle confie aussi qu’elle a noté que les gens lui portent une plus grande attention pour bien entendre ce qu’elle dit. Des rires fusent dans la salle. Elle regarde autour d’elle et nous demande ce qui nous amuse autant. « Vous parlez Madame. Voilà ce qui nous amuse ! » Elle n’avait pas remarqué qu’elle avait retrouvé la voix.
Cette dame a ainsi découvert les raisons émotionnelles qui l’avaient rendu sans voix. Bien entendu, cela lui a aussi permis de prendre conscience de la situation qu’elle avait vécu la veille et qui lui avait fait perdre la voix. Il s’agissait d’une situation on où elle ne réussissait pas à attirer l’attention sur ce qu’elle avait à dire et où on accordait aucune importance à ce qu’elle exprimait.
SUR MON DOS Tom travaille pour une entreprise manufacturière depuis une dizaine d’années. Bien qu’il aime son travail, il a souvent mal au dos. Tellement qu’il lui est parfois difficile d’aller travailler ou d’effectuer des tâches à la maisons. Dernièrement, il a éprouvé des difficultés à jouer au hockey. Il fait partie d’une ligue depuis des années et il a peur de devoir cesser cette activité.
Dès qu’il arrive au travail, il entend son superviseur critiquer à propos du retard pris sur la prochaine commande. Celui-ci lui reproche de n’avoir pas su déterminer les priorités afin que de s’assurer de combler cette commande avant les autres. Dès qu’il se présente au terrain de soccer où son fils pratiquait son sport préféré, il entend ce dernier lui reprocher d’être en retard et de n’être jamais là pour le voir jouer.
Dès qu’il parvient enfin à la maison après sa journée de travail, sa conjointe lui reproche de ne pas avoir réparer le robinet du lavabo, de ne pas avoir pris le temps de pelleter la neige avant d’aller travailler, de n’être jamais là quand c’est le temps de s’occuper des enfants ou d’effectuer des tâches ménagères qu’elle ne peut faire toute seule, etc.
Ce soir-là, il ira se détendre avec ses amis pour la joute hebdomadaire de hockey. À la fin de la partie qui s’est terminée en faveur de l’équipe adverse, ses coéquipiers lui reprochent de ne pas avoir fait les bonnes passes au bon moment et d’être en partie responsable du but qui leur a enlevé la victoire.
Ce même soir, Tom revient à la maison avec un mal de dos si pénible qu’il se demande comment il fera pour dormir et aller travailler le lendemain matin. Il se dit qu’il serait peut-être préférable de cesser de jouer au hockey pour éviter des maux et des blessures qui nuiraient à son travail. Sa femme convient avec lui que ce serait préférable et qu’ainsi il aurait plus de temps pour faire ses autres tâches.
Incapable de dormir à cause de ce douloureux mal de dos, Tom se dit qu’à chaque fois que ce malaise revient la douleur semble plus intense. Il se sent comme si on ajoutait de la douleur sur son dos. De plus en plus de douleur sur son dos. Tellement que si cela continue à augmenter, il ne sera plus disponible ni pour travailler, ni pour aider sa conjointe et ses enfants et encore moins pour jouer au hockey.
À ce moment, il se rend compte qu’il n’y a pas que la douleur qui s’accumule sur son dos. Il se sent comme si tout le monde se mettait de la partie pour lui faire des reproches et pour être « sur son dos» chaque fois qu’il comment une erreur, si minime soit-elle.
Maintenant que Tom a décelé la vérité à propos de son mal de dos, la douleur s’atténue. Il lui suffit maintenant de trouver une solution convenable pour qu’on cesse enfin d’être constamment « sur son dos.
MAUX DE COEUR M. Untel assiste à une de mes conférences. Il est là contre son gré. Son épouse l’a forcé à l’accompagner car elle avait besoin de lui pour s’y rendre.
Je vois cet homme écouter avec intérêt l’information que je transmets à l’effet que les tensions émotionnelles sont l’une des principales causes de nos maladies.
Dès que j’en arrive à la partie interactive où les gens peuvent tenter de faire l’exercice avec moi pour décoder leur malaise et découvrir l’émotion responsable, il est le premier à se porter volontaire.
J’’apprends qu’il souffre d’arythmie cardiaque depuis quelque temps. Je lui demande alors de décrire son malaise en quelques phrases en m’indiquant ce qu’il ressent d’être affecté par celui-ci.
Voici en partie ce qu’il m’a répondu : • Il me semble que mon cœur « saute des tours ». • Je suis maintenant limité dans mes activités. • Depuis que j’ai commencé à faire de l’arythmie j’ai même peur d’aller marcher tout seul.
À ma question suivante, « Pourquoi croyez-vous avoir peur d’aller marcher seul? » Il répond ceci : J’ai peur qu’il m’arrive quelque chose et qu’il n’y ait plus personne pour me venir en aide. Dès qu’il a prononcé ces mots, je comprends que cet homme a peur de perdre quelqu’un qu’il aime ou quelque chose de très important qui lui tient à cœur. Je ne peux continuer à faire l’exercice avec lui car il serait obligé de raconter des événements douloureux qu’il ne souhaite sûrement pas relater devant un groupe de gens. Avant même que je le lui dise, il me dit qu’il préfère en rester là car il a pris conscience des mots qu’il venait de dire et sait maintenant d’où provient ce problème d’arythmie.
À la fin de la conférence quand presque tout le monde est parti, il demande à sa femme de l’attendre à la sortie et s’approche de moi. Il me prend la main et me dit ceci : « J’ai appris il y a quelques semaines que mon épouse allait mourir bientôt et je ne peux en parler à personne. » Je sais maintenant que mon arythmie provient de ce grand stress.
Je lui ai suggéré d’en parler à quelqu’un dès le lendemain, que ce soit un thérapeute de sa région ou encore un ami à qui il fait confiance. Il m’a assuré qu’il suivrait mon conseil.
Quelques semaines plus tard, cet homme communique avec moi pour me confirmer qu’il n’a plus jamais souffert d’arythmie depuis le soir de la conférence car il a trouvé la personne parfaite à qui confier son secret, ses peurs et ses inquiétudes : sa conjointe.
La solution est parfois aussi évidente que celle-ci.
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